Clara, assistante et maquilleuse de la diva internationale Sophie Valois, pensait que le Festival de Busan (en Corée) ne serait qu’un boulot de plus. Mais entre les crises de Sophie, des bagages disparus, et une rencontre explosive avec Jihoon, le mystérieux « Boss de Busan », sa vie bascule.
Plongée dans un tourbillon de danger, de paillettes et d’émotions inattendues, Clara devra jongler entre les caprices de sa patronne… et les étincelles avec un gangster aussi troublant qu’imprévisible.
Amour, chaos et rebondissements: bienvenue à Busan, où rien ne se passe jamais comme prévu.



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Extrait
CHAPITRE 1 – Clara
Je pousse la porte de notre chambre et tire mes bagages à l’intérieur. Derrière moi, Luc titube sous le poids d’une énorme valise, son visage rougi par l’effort. Une des roulettes a rendu l’âme à l’aéroport de Mexico, et mon frère doit la porter depuis.
La pièce qui s’offre à nous est petite mais confortable : deux grands lits aux draps immaculés trônent au centre, deux tables de chevet en bois sombre dont la surface polie reflète doucement la lumière tamisée. Au fond, la fenêtre offre une vue panoramique sur la ville scintillante de Busan. L’ensemble est dans des tons doux de beige et de bleu pâle, créant une atmosphère apaisante qui contraste agréablement avec le tourbillon de notre vie professionnelle.
Si seulement la porte de communication ne menait pas à la suite ne notre patronne maléfique…
Je m’assieds sur l’un des lits avec un soupir de soulagement. Luc, quant à lui, laisse tomber la valise sur le sol avec un bruit sourd, avant de s’étirer comme un chat, faisant craquer son dos.
— C’est plus sympa qu’à Mexico.
Notre dernier séjour au Mexique a été marqué par une suite de dégâts matériels improbables dont je préfère tout oublier. Malgré la fatigue et le stress, je suis soulagée d’être dans un nouvel environnement, loin de la poisse qui a gâché le tournage de Mexico.
— Sophie voudrait pas coucher avec un réalisateur coréen cette fois ? poursuit Luc, une étincelle de malice dans les yeux. Ça nous changerait…
Un hurlement strident déchire l’air. Luc et moi échangeons un regard paniqué.
— Encore ?! lance Luc.
— Déjà ? dis-je en même temps.
Nous nous précipitons vers la porte de communication, l’ouvrant à la volée, prêts à affronter le nouveau caprice de notre diva. Le spectacle qui nous attend est… particulier.
La suite est trois fois plus grande que notre chambre, avec un salon séparé et une terrasse privée. Les murs sont ornés de papier peint en soie dorée, et un lustre en cristal diffuse une lumière tamisée sur le mobilier somptueux. Mais toute cette opulence est éclipsée par le chaos qui y règne.
Des valises de toutes tailles et couleurs sont alignées sur le parquet en chêne. Au milieu de ce champ de bataille, Sophie Valois, star internationale et terreur des assistants, se tient droite comme un i sur le tapis persan. Elle pointe un doigt accusateur vers deux pauvres grooms coréens qui semblent vouloir disparaître dans les motifs complexes à leurs pieds.
— Où sont-elles ?!
Son visage passe par toutes les nuances de rouge, offrant un joli contraste avec le canapé en velours vert émeraude derrière elle.
— Mes valises Vuitton ! Mes précieuses valises !
Je m’avance prudemment, slalomant entre les bagages.
— Sophie ? Que se passe-t-il ?
Je lui parle comme à un enfant. Un enfant de quarante-cinq ans qui a tourné avec les plus grands réalisateurs et possède un ego sur-dimensionné.
Elle se tourne vers moi et ses yeux lancent des éclairs.
— Ce qui se passe ? CE QUI SE PASSE ? Ces deux imbéciles ont perdu deux de mes valises ! Deux ! Comment vais-je survivre sans mes crèmes bio-quantiques anti-âge ?
Le maquillage est mon métier, et s’il existait une crème bio-quantique, je pense que j’en aurais entendu parler. Mais ce n’est pas le moment de contrarier Madame Sophie Valois de la Comédie Française.
Je retiens un soupir, sentant poindre un mal de tête familier. Les crises de Sophie pour des détails apparemment insignifiants sont légendaires, mais elles n’en sont pas moins épuisantes à gérer. Je jette un coup d’œil à la salle de bain en marbre visible par la porte entrouverte, déjà envahie par une armée de produits de beauté. Bien sûr, dans l’esprit de Sophie, la fin du monde équivaut à un teint potentiellement terne.
J’inspire un grand coup et tente une approche rationnelle.
— Je suis sûre que ce n’est qu’un malentendu. Nous allons vite régler ça.
Je fais discrètement signe aux grooms de filer avant que Sophie ne décide de les transformer en tapis persan. Ils ne se le font pas dire deux fois et disparaissent plus vite que les chances de Sophie de remporter un Oscar du meilleur caractère.
Malheureusement, la logique et le calme sont des concepts étrangers à Sophie quand elle est dans cet état.
— Un malentendu ? explose-t-elle, sa voix résonnant contre les hauts plafonds. Clara, ma chérie, tu ne comprends pas. Ces valises sont… vitales.
Je retiens un soupir de pure frustration — exploit devenu de plus en plus difficile à réaliser depuis quelques mois. Je dois vieillir.
L’égocentrisme de ma patronne atteint parfois — toujours — des sommets vertigineux, même pour une star internationale.
Je décide de jouer la carte de l’efficacité.
— Ne vous inquiétez pas, dis-je d’une voix que j’espère apaisante. Je vais descendre parler au concierge immédiatement. On va les retrouver, vos valises.
Mes paroles semblent convaincre Sophie, ou peut-être est-ce simplement la perspective d’avoir quelqu’un d’autre pour gérer le problème à sa place. Elle se laisse tomber sur le canapé dans un froufrou de soie et de drama, sa main pressée contre son front comme si elle était au bord de l’évanouissement.
— Oh, Clara, soupire-t-elle, que ferais-je sans toi ?
— Probablement finir en prison pour meurtre de groom innocent, je marmonne en me dirigeant vers la porte.
— Quoi ?
— Rien ! Je reviens vite !
***
Dans le couloir aux moquettes épaisses et aux appliques dorées, je souffle un bon coup pour me calmer. Ce n’est que le premier jour de notre séjour à Busan pour le Festival international du Film, et déjà je sens que cette semaine va être… intéressante.
Quand on bosse pour Sophie Valois, chaque jour est un défi de taille, un exercice d’équilibriste entre ses caprices de diva et les réalités du monde extérieur. Pas de raison que cette semaine fasse exception à la règle.
C’est pas comme si j’avais signé pour ce job en pensant qu’il serait de tout repos.
Parfois, je regrette mes choix de vie. C’est de plus en plus fréquent, d’ailleurs.
Ouais, ma pauvre Clara, tu vieillis. C’est moche.
Sophie a le double de mon âge et déborde d’énergie, pourtant.
Ça doit être les crèmes bio-quantiques.
